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Notes de lecture

  • Les secrets de la monnaie

    3 Novembre 2015

    Les secrets de la monnaie

    Ou

    Changer la monnaie pour changer le monde

     

    « Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. »
    Henry Ford

     

    La monnaie donne un pouvoir colossal à ceux qui la contrôlent. Si les citoyens reprenaient ce pouvoir, ils pourraient tout changer.

    Gérard Foucher

     

    L’auteur :
    Gérard Foucher se présente lui-même par la négative. Il n’est ni économiste, ni expert, ni universitaire. Il est auteur, réalisateur, conférencier. Avec ses titres, et ses non-titres, son ouvrage, simple à lire, est accessible à tous.

     

    L’ouvrage :

    Nous en avions tous plus ou moins conscience, la finance, par le pouvoir qu’elle a sur la monnaie, dicte sa loi aux états et aux populations. L’expérience grecque en a apporté la preuve. Mais dans son ouvrage, Gérard Foucher analyse ces mécanismes de domination.

    Dans une première partie, il décortique le fonctionnement de la monnaie à partir de sa création et de son utilisation. Le système bancaire a le monopole de la création de monnaie scripturale (écritures), celle qui apparaît sur vos relevés bancaires. Lorsqu’un emprunteur, particulier ou entreprise, sollicite un « prêt », le banquier se contente de taper la somme correspondante sur le clavier d’un ordinateur, alors même que cette somme n’existait pas dans les coffres de la banque. Et pourtant, en plus du remboursement de cette somme dont elle ne disposait pas, la banque va exiger le paiement d’une somme supplémentaire, l’intérêt.

    C’est lorsque l’emprunteur utilise cette somme pour acheter une voiture, une maison, pour payer des salaires ou des matières premières, que ce prêt se transforme en monnaie utilisable par tous.

    Ainsi, la presque totalité de la monnaie que nous utilisons provient d’un emprunt sur lequel il faudra payer des intérêts, que l’emprunteur mettra à la charge de ses clients si c’est une entreprise. Même si vous n’avez pas pris de crédit bancaire, vous paierez quand même des intérêts.

    Et comme les institutions financières s’arrangent pour entretenir un manque récurrent de monnaie, on se trouve dans l’obligation de s’adresser aux banques pour obtenir des crédits, en créant ainsi un état permanent d’addiction.

     

    Dans une deuxième partie, l’auteur analyse les problèmes créés par ce système. En voici quelques extraits.

    Si le montant des prêts dépasse celui des remboursements, la monnaie en circulation augmente, les consommateurs peuvent acheter, les entreprises peuvent produire et embaucher des salariés, c’est l’euphorie. Mais si le montant des prêts est inférieur à celui des remboursements, la monnaie se raréfie, les consommateurs n’ont plus assez de monnaie, c’est la récession.

    Autre exemple, la banque octroie des crédits dans les secteurs les plus sûrs, l’immobilier, où elle peut prendre une hypothèque sur les biens acquis par le prêt. Alors que dans l’industrie, le prêt est accordé sur la seule confiance du savoir-faire de l’entrepreneur, un bien qui n’est pas directement négociable. Le secteur de l’immobilier se voit submergé de sommes colossales, et comme le parc immobilier n’augmente pas vite, les prix s’envolent, ce qui provoque une bulle : le prix des logements n’est plus lié à leur valeur, les jeunes qui arrivent sur le marché ne peuvent plus acquérir de logement, les loyers s’envolent.

    Une conséquence et non des moindres, de ce fonctionnement, est qu’il concentre inéluctablement les richesses à un bout de la chaîne pendant qu’il appauvrit l’immense majorité de la population.

     

    Dans une dernière partie, Gérard Foucher ne nous laisse pas sur notre faim, mais propose des alternatives.

    En premier lieu, la monnaie doit sortir de ce système de création par endettement pour devenir une monnaie libre d’intérêts. Les ajustements de masse monétaires pourraient être calculés par un organisme indépendant des banques et du gouvernement, et distribués sous la forme d’un dividende monétaire de même montant pour tous les citoyens, ou par déficit budgétaire destiné aux investissements. Le fonctionnement des banques serait revu de fond en comble. Les dépôts sur comptes courants devront être garantis à 100%, ne pourront pas être utilisés pour des investissements. La banque pourra rémunérer des comptes d’épargne et accorder des crédits en utilisant les sommes déposées, mais elles n’auront plus ce pouvoir exorbitant de créer de la monnaie.

     

    Enfin, pour mettre en œuvre une telle réforme, il ne faut pas compter sur les experts formés dans les écoles classiques, qui ne connaissent que les recettes classiques. Ce ne serait que comme refaire la fameuse banque publique d’investissement promise par le gouvernement Hollande et mise en place par des cadres de la banque privée Lazard. Une telle réforme ne pourra réussir que sous le contrôle étroit des citoyens. Gérard Foucher nous le rappelle : « Rien ne se fera sans nous » (page 244).

    J.S.